Ce qui se manifeste
Tout ce qui se manifeste est la Conscience. Non pas “dans” la Conscience, ni “émané” d’elle : cela est la Conscience, se révélant sous des formes innombrables. Le monde, la psyché et l’univers ne sont pas trois réalités distinctes, mais trois reflets d’une même Présence, trois modulations d’un même silence.
Lorsque surgit l’illusion d’un “moi” séparé, la Conscience semble se contracter dans une forme particulière et s’y croire enfermée. Alors naît le sentiment d’exister dans le monde, au lieu de reconnaître que le monde apparaît en soi, dans cette Conscience sans dedans ni dehors. De cette illusion originelle découle le mouvement de la quête : l’élan à chercher un sens, une sécurité, une vérité, une permanence. Tout effort humain procède de ce malentendu premier — croire être autre chose que la Conscience qui se manifeste ici et maintenant.
Pourtant, même à travers cette illusion, la Conscience se contemple. Elle se regarde dans le miroir des formes, des pensées, des étoiles et des mythes. Elle se reconnaît dans chaque élan de beauté, dans chaque découverte scientifique, dans chaque émotion humaine. Elle joue à se cacher pour mieux se retrouver. C’est ce jeu — ce que nous appelons quête, recherche, évolution — qui engendre l’expérience humaine : la Conscience se cherchant à travers le rêve du monde.
Depuis l’aube des temps, cette quête prend mille visages. L’humain, souvent sans le savoir, explore le mystère de son origine à travers la mythologie, la philosophie, l’art, la science, la religion, la psychologie et l’astrologie. Il grave dans la pierre, peint sur les parois des grottes, érige des temples, construit des cathédrales et contemple le ciel — autant de gestes par lesquels la Conscience se célèbre à travers lui. Sous chaque culture, sous chaque symbole, s’exprime la même aspiration : retrouver la vérité pressentie, celle d’une unité perdue en apparence.
Les enseignements de maîtres occidentaux rappellent que la vérité ne se conquiert pas : elle se dévoile. Elle ne se trouve pas au terme d’un effort, mais dans la détente du regard qui cesse de chercher. Car la souffrance n’est pas le signe d’un manque à combler, mais le rappel d’une confusion à dissoudre.

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